Dépôt d’une motion par Vision Montréal pour enjoindre la Ville de Montréal à obliger l’accessibilité universelle des terrasses de la métropole

Par Eric Laliberté

Depuis deux ans, le RAPLIQ suit de très près le développement des terrasses et contre-terrasses (terrasses séparée d’un commerce par le passage piétonnier du trottoir) à Montréal. Des changements récents ont été apportés aux structures de ces terrasses, notamment dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, réduisant à zéro leur niveau d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. En effet, pratiquement toutes les terrasses de l’avenue du Mont-Royal Est (entre Papineau et Saint-Denis) sont maintenant installées sur des plateformes allant jusqu’à 20 cm de hauteur. Et absolument rien n’est prévu à la réglementation de l’arrondissement pour permettre un accès universel à ces structures d’usage public dont devrait pouvoir bénéficier la totalité des citoyens et citoyennes.

Jusqu’à maintenant, le RAPLIQ a entamé des démarches pour faire modifier les règlements dans deux arrondissements : Rosemont-Petite-Patrie et Plateau-Mont-Royal. Or, aucun élu municipal n’a encore été assez soucieux d’enrayer l’exclusion sociale directement causée par ces règlements. Nous avons toutefois obtenu l’appui de la chef de l’opposition officielle à la Ville de Montréal, madame Louise Harel, qui a déposé une motion au Conseil de Ville le 17 mai 2011 afin d’enjoindre la Ville de Montréal à contraindre ces arrondissements d’adopter des règlements qui obligeraient les terrassiers à rendre leur terrasse accessible.

Vous pouvez regarder les discussions sur la motion déposée par Vision Montréal et présentée par Mme Lyn Thériault (conseillère de ville Vision Montréal)  au lien suivant à la minute 32.15.

Et rendre accessible ne signifie pas tout détruire pour rebâtir! Loin de là même, il ne suffirait que les plateformes ne se soient plus installées sur pilotis, ce qui permettrait un passage aisé du trottoir à la terrasse. Tous les arguments ont été invoqués par les arrondissements pour justifier leur inaction : respect du Code de construction du Québec, impossibilité technique, contrainte excessive… Mais tous ces arguments se sont avérés non fondés. Au point où nous en sommes, nous ne pouvons plus accepter de légitimations bidon, car le vrai problème, c’est que les élus qui nous représentent manquent clairement de volonté politique et la prochaine étape sera de montrer qu’une telle attitude contrevient directement aux principes de la Charte de droits et libertés de la personne du Québec.

En attendant, voici le détail de la réponse reçue par le leader du parti Union Montréal, Marvin Rotrand, afin de justifier l’envoi de la motion à la « Commission conjointe sur le développement social et la diversité montréalaise » pour étude, empêchant ainsi un vote immédiat sur la question :

1- Il est très difficile de contrer les erreurs du passé (années 1950-1960)… contraintes financières.

2- Il n’existe pas de document fédéral stipulant une obligation pour les provinces en matière d’accessibilité universelle.

3- Les coûts aux propriétaires privés représentent un obstacle.

4- Des changements seraient nécessaires au plan d’urbanisme de la Ville de Montréal.

5– Il pourrait y avoir des impacts sur les « services d’aménagement urbain » des arrondissements qui auraient à faire appliquer un tel règlement.

6- Question des travaux publics : comment pourront-ils continuer à assurer l’entretien de trottoirs « sans avoir de problèmes ».

Évidemment, tous ces arguments ne sont pas assez solides pour légitimer un refus de la Ville de Montréal de légiférer pour obliger l’accessibilité des terrasses sur son territoire, d’autant plus que la Ville se targue de mettre de l’avant un plan pour l’accessibilité universelle. Il ne suffit que de prendre l’argument no. 1 selon lequel, il est difficile d’annuler les erreurs du passé… Les terrasses sont des infrastructures très nouvelles et temporaires, elles peuvent donc être modifiées très facilement!

Le RAPLIQ continue son travail pour l’avancement du dossier de l’accessibilité des terrasses à Montréal. Nous sommes très déçus de la décision d’Union Montréal et de Projet Montréal de ne pas adopter la motion. Nous vous invitons à suivre les développements. La motion a été envoyé à des fins d’analyse et d’étude à la Commission des affaires sociales de la Ville de Montréal. Pendant ce temps, le RAPLIQ travaillera également avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour faire avancer le dossier.

Une réponse à «Dépôt d’une motion par Vision Montréal pour enjoindre la Ville de Montréal à obliger l’accessibilité universelle des terrasses de la métropole»

  1. Linda Gauthier dit :

    J’en viens à me demander si ce ne serait pas de l’acharnement de la part d’Union et de Projet Montréal à tout mettre en oeuvre pour faire avorter des projets se voulant inclusifs et ce, bien que sachant pertinemment que nous avons raison..

    Ce qui compte c’est de continuer le combat et de mener à bien ce dossier.