Retour sur la Journée de l’accessibilité dans le Vieux-Montréal

Le 19 juin dernier, plus de 80 personnes ont répondu à l’invitation du RAPLIQ et ont participé à la Journée de l’accessibilité dans le Vieux-Montréal.  En septembre 2010, plus d’une centaine de personnes avaient participé à deux Journées de l’accessibilité ayant eu lieu sur l’avenue du Mont-Royal et sur la rue Masson. L’implication et l’enthousiasme de toutes ces personnes avaient alors permis de sensibiliser plus de 400 commerçants et de récolter une foule d’informations concernant l’accessibilité des commerces visités.

Pour la deuxième édition se déroulant dans le Vieux-Montréal, le RAPLIQ a choisi d’expérimenter un concept simplifié d’une demi-journée sans collecte de données exhaustive. L’objectif était de (re) découvrir le Vieux-Montréal et ses obstacles afin de sensibiliser les commerçants, le monde politique et la population en général à l’importance de l’accessibilité universelle.

Nous nous sommes donnés rendez-vous à la Place De La Dauversière située en face de l’Hôtel de Ville de Montréal et à côté de la Place Jacques-Cartier. Le lieu est tout désigné puisqu’il nous plonge au cœur de l’histoire de Montréal. Lorsque nous avons annoncé que la deuxième édition de la Journée de l’accessibilité se tiendrait dans le Vieux-Montréal, plusieurs personnes se sont montrées incrédules face à notre décision.  »Dans le Vieux-Montréal? C’est sûr que ce n’est pas accessible, c’est vieux! » Nous avons choisi le Vieux-Montréal car ce quartier est l’un des joyaux de la métropole québécoise. De plus, il abrite de nombreuses organisations publiques telles que le Palais de Justice, la Mairie de Montréal et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Le Vieux-Montréal est effectivement un quartier dans lequel on retrouve une très forte concentration de bâtiments historiques. Toutefois, l’équipe du RAPLIQ est d’avis que patrimoine historique ne rime pas avec inaccessibilité!  Le mouvement vers l’accessibilité dans des villes qui ont autant d’histoire que Paris est bien en marche! Le RAPLIQ est d’avis que Montréal peut en faire autant!

La Journée a démarré en force avec un discours du député de Mercier M. Amir Khadir. Ce dernier en était à sa première participation à une mobilisation du RAPLIQ et a rapidement avoué aimer particulièrement la fibre activiste de notre regroupement. ‘’Tant et aussi longtemps que ceux qui décident à la place de tout le monde ne sont pas conscients de leurs responsabilités et ne bougent pas sur ces enjeux, il faudra qu’il y ait des activistes comme vous et moi’’, a-t-il lancé aux participants. Il a continué en parlant d’avenir et de façons de s’assurer que le Québec de demain sera réellement accessible à tout le monde. ‘’On devrait insister pour que ça commence dans les écoles d’architecture, dans les écoles d’ingénierie et dans les écoles d’urbanisme. Je suis sûr que les plus jeunes sont ouverts à cette réalité et sont capables de l’intégrer à leur manière de concevoir l’espace pour que notre milieu de vie soit plus accessible.’’ Il a conclu en nous lançant à son tour une invitation. ‘’Il y a des demandes qui sont consensuelles car il n’y a aucun des partis qui peut dire non à ces demandes légitimes que vous avez. Ça peut faciliter un certain nombre de choses donc donnons-nous rendez-vous à la prochaine session à l’Assemblée Nationale. Je pense que là-dessus on peut avoir une collaboration de tous les partis pour peut-être avoir rendez-vous avec le premier ministre. Les engagements et les politiques qui sont annoncés, il ne faut pas que ce soit des vœux pieux. Il ne faut pas que ça soit une politique juste pour meubler les pages des journaux et de nos papiers de propagande. Il faut que ça s’accompagne de gestes concrets.’’

Mme Véronique Fournier, conseillère dans l’arrondissement du Sud-Ouest, a par la suite pris la parole et a critiqué le fait que plusieurs terrasses soient inaccessibles à travers la ville. ‘’On ne peut pas se mettre pas la tête dans le sable pour dire que d’avoir des terrasses universellement accessibles  c’est impossible. On est allés sur la lune donc on est sûrement  capables d’avoir des terrasses accessibles à Montréal.’’ a-t-elle ironisé.

Mme Louise Harel s’est également adressée aux participants avec un ton enthousiaste contagieux. ‘’Je suis convaincue pour le reste de ma vie que le combat pour l’accessibilité universelle que vous menez c’est un combat auquel tout le monde doit s’associer. Chaque génération a ses combats. Nous y sommes rendus à ce combat pour l’accessibilité universelle!’’ Elle a conclu en invitant les gens à encourager les commerces accessibles. ‘’Il faut être capable d’identifier les commerces accessibles. Il faut les féliciter. Il faut être capable de faire circuler ça sur Twitter, sur Facebook, les médias sociaux et tous les autres magazines. Il faut envoyer des félicitations pour encourager ceux qui sont accessibles et donner la leçon à ceux qui ne le sont pas.’’

Après ces discours à l’image de la volonté de changement du RAPLIQ, la majorité des participants ont envahi la Place Jacques-Cartier qui était déjà bondée. Le fait que nous étions nombreux à se déplacer en fauteuil roulant a attiré l’attention de plusieurs personnes jusqu’à ce que la parade la GRC nous vole la vedette. C’est alors que quelques-uns d’entre nous avons eu la chance d’apercevoir le Maire de Montréal de l’autre côté de la rue saluant d’un air sérieux (ou ennuyé) les trompettes de la GRC. Nous sommes convaincus que le M. Tremblay aurait préféré répondre positivement à notre invitation et être avec nous de l’autre côté de la rue.

Après le passage de la GRC, nous sommes partis faire notre parcours. Les rues dallées ont évidemment fait la vie dure à plusieurs! Nous avons découverts des lieux accessibles malgré le fait qu’ils aient été initialement conçus bien avant l’adoption de la Charte des droits et libertés. Nous avons également pu constater que dans plusieurs lieux, de très simples mesures pourraient être prises afin d’élimer certains obstacles (nous pensons ici aux petites marches juste assez hautes pour empêcher des gens d’accéder à un endroit). Les participants ont également eu la chance de faire un parcours les yeux bandés en compagnie d’une personne malvoyante. Amir Khadir s’est prêté au jeu et a pu constater la problématique de l’absence de feux de signalisation sonore.

Alors que plusieurs d’entre nous étions en train d’explorer le Vieux-Montréal et ses aléas en matière d’accessibilité, une petite équipe animait notre point de ralliement. Les enfants pouvaient en apprendre sur l’accessibilité en jouant à des jeux. L’un d’eux leur permettait d’éliminer des obstacles en lançant une balle sur des cibles identifiées par des photos d’obstacles. Une activité artistique était également proposée à tout le monde désirant s’exprimer sur la signification de l’accessibilité universelle. Plusieurs personnes ont laissé aller leur créativité et ont peint leur message sur des tissus en forme de t-shirt. Chaque t-shirt était par la suite accroché à une corde à linge.

L’équipe du RAPLIQ est fière de cette demi-journée et souhaite remercier celles et ceux qui y ont participé. La contribution financière de l’arrondissement Ville-Marie nous a grandement aidé et nous a permis d’éviter de nous lancer à la course aux commanditaires. Nous tenons également à remercier tous les bénévoles qui ont rendu possible cette journée.

Il est déjà temps de vous inviter à participer à la prochaine étape des Journées de l’accessibilité 2011 qui aura lieu le 17 septembre sur la Promenade Ontario dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve! Plus de 200 établissements de toutes sortes se trouveront sur notre parcours. Notre objectif sera d’évaluer leur accessibilité. Selon nos premières observations, plusieurs obstacles pourraient être éliminés sans trop de difficulté. Il est temps que ça change et que Montréal s’engage concrètement pour l’accessibilité universelle. Plus nombreux nous serons le 17 septembre, plus fort notre message sera entendu!

À bientôt!

2 réponses à «Retour sur la Journée de l’accessibilité dans le Vieux-Montréal»

  1. Bonjour,

    Il faudrait que les élus de la ville de Montréal ainsi que les employés municipaux affectés aux équipes de déneigement comprennent l’importance d’un déneigement efficace et rapide ^pour les personnes en situation de handicap. Car à chaque tempête nous sommes prisonnières à domicile durant des jours… L’accessibilité c’est aussi cela!

  2. Laurence Parent dit :

    Effectivement! Le RAPLIQ a fait plusieurs interventions à ce sujet à l’hôtel de ville! Nous continuerons en automne. J’espère que vous pourrez vouss joindre à nous lors de ces évènements!