La confusion

Mardi dernier, le RAPLIQ déplorait l’inauguration d’une nouvelle ligne de bus inaccessible aux personnes handicapées utilisant une aide à la mobilité tel qu’un fauteuil roulant. L’information disponible sur Internet concernant la ligne 26 indiquait qu’elle était inaccessible aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant ou encore ne faisait aucune mention de l’accessibilité de celle-ci, laissant planer le doute le plus total quant à son accessibilité.

Deux jours plus tard, nous avons reçu une réponse par courriel de la STM qui ne semble pas se formaliser de la situation.

« La ligne 26 est accessible. Seuls certains arrêts ne le sont pas pour cause de manque d’infrastructures comme les trottoirs. Au fur et à mesure que ces infrastructures seront installées, les arrêts qui s’y trouvent deviendront accessibles. La confusion vient de l’information sur le site Web, elle sera corrigée prochainement. »

À l’instar d’un nombre grandissant d’organisations, l’essentiel des communications sur les services de la STM se fait par le biais d’Internet. De quelle façon donc un usager aurait-il pu avoir accès à la « bonne » information ? De quelle façon aurait-il pu échapper à cette « confusion » ? Le planibus disponible en format PDF ne contient aucune information sur l’accessibilité de la ligne de bus, alors que cette information apparaît dans les planibus de toutes les lignes desservies par des bus accessibles aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant.

Évidemment, la mise en place d’une nouvelle ligne de bus ne se décide pas en 24 heures. Il s’agit d’un projet de longue haleine. Dans le cas de la ligne 26, le grand public a été informé dès le 13 octobre. Comment la STM peut-elle justifier de ne pas avoir fait mention de l’accessibilité considérant que la ligne 26 est accessible comme la STM nous l’a indiqué par courriel ? La STM peut-elle vraiment prétendre faire de l’accessibilité une priorité si elle oublie elle-même d’en faire mention lors de la promotion d’un nouveau service ? Comment la STM peut-elle indiquer que sa nouvelle ligne de bus n’est pas accessible alors qu’en réalité, elle l’est ? Peut-on vraiment parler de simple « confusion » ?

Encore aujourd’hui, selon les horaires disponibles sur Internet, « cette ligne n’est pas accessible aux fauteuils roulants. » Comme l’indique la STM dans son courriel envoyé au RAPLIQ, l’information sera corrigée prochainement. Une telle erreur sur le service offert à la clientèle dite régulière serait-elle tolérée ? Il est toutefois intéressant de noter qu’une information a été ajoutée au bas de la page Web faisant la promotion de la ligne 26 :

« Cette ligne est accessible aux personnes en fauteuil roulant aux panneaux d’arrêts munis d’un pictogramme. »

Évidemment, la liste des arrêts accessibles n’est pas disponible sur le site Web de la STM, et ce malgré le fait que cette information est connue de la STM. Cela veut donc dire que si vous voulez prendre la ligne de bus 26, vous devrez vous rendre à l’arrêt d’autobus et regarder si le panneau d’arrêt est muni d’un pictogramme.

En espérant que cela ne sème pas trop la confusion…