Journée internationale des personnes handicapées – Le RAPLIQ invite les personnes handicapées à recourir à la Commission des droits de la personne pour faire reconnaître leurs droits

(Communiqué disponible en format WORD)

Dans un contexte de compressions budgétaires, les droits des personnes handicapées sont en péril. Les effets de ces coupures se font de plus en plus sentir. Pourtant, le Québec a déclaré son intention de respecter la Convention internationale des droits des personnes handicapées. Le gouvernement québécois est également tenu de ne pas discriminer les personnes handicapées en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne, et ce, depuis 1978.

En ce 3 décembre 2011, le RAPLIQ souhaite souligner l’engagement, le courage et la passion de citoyens qui ont milité contre la discrimination fondée sur le handicap au courant de la dernière année que ce soit au sein d’organismes de défense des droits ou encore à titre individuel. Nous avons une pensée particulière pour toutes ces personnes qui nous ont contacté et ont osé dénoncer des actes discriminatoires qui sont malheureusement bien souvent des situations vécues au quotidien par des milliers de personnes handicapées au Québec.

Dans son communiqué de presse paru hier, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirmait que près de 30 % des dossiers ouverts au sein de l’organisation au cours du dernier exercice (2010-2011) concernent la discrimination fondée sur le handicap ou le moyen pour pallier un handicap, ce qui représente 229 dossiers. Depuis janvier 2011, le RAPLIQ a collaboré au dépôt de plus de 41 plaintes ayant été reçues par la CDPDJ.

Puis cette année, une bataille importante a été remportée concernant l’accessibilité des terrasses dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal à Montréal. Avant le dépôt de plaintes à la CDPDJ, l’arrondissement du Plateau Mont-Royal affirmait que l’aménagement de terrasses accessibles était trop compliqué pour être réalisé.

Une membre du RAPLIQ, qui est sourde, a également gagné sa cause contre la Grande Bibliothèque du Québec qui lui avait refusé l’accès avec son chien d’assistance sous prétexte qu’elle n’était pas aveugle et que son chien provenait d’un organisme – pourtant certifié – autre que Mira.

Ces faits démontrent bien la nécessité de revoir à la question des droits des personnes handicapées au Québec. En 2005, l’Ontario s’est dotée de l’Accessibility for Ontarians with Disabilities Act, une loi visant à créer une province accessible pour les personnes handicapées avant 2025. L’objectif de la loi est d’éliminer les obstacles afin que les personnes handicapées puissent vivre librement et n’aient pas continuellement à porter plainte. Les changements sont déjà bien tangibles en ce qui a trait aux transports en commun ainsi qu’au service à la clientèle dans plusieurs sphères d’activités. Ce sont des personnes handicapées ayant déposé de nombreuses plaintes au fil des ans à la Commission ontarienne des droits de la personne qui ont mené le gouvernement de l’Ontario à se doter d’une loi ayant des objectifs et des modalités d’applications claires. Inspiré par l’expérience ontarienne, le RAPLIQ croit qu’il est plus que d’utiliser les mécanismes québécois de protection des droits et libertés.

La Charte des droits et libertés de la personne interdit toute forme de discrimination fondée sur le handicap ou le moyen pour pallier un handicap. Le temps est venu de s’en servir dans une perspective d’inclusion et d’égalité!