Accessibilité des terrasses du Plateau-Mont-Royal – Une victoire pour les personnes handicapées qui démontre que Québec doit légiférer en matière d’accessibilité

Adoption du cadre normatif par les élus du Plateau Mont-RoyalMontréal, 6 mars 2012 – Le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) se réjouit de l’adoption du cadre normatif pour l’aménagement des terrasses dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal par l’administration Ferrandez hier soir lors du conseil d’arrondissement. Avec l’adoption de ce nouveau cadre normatif, les terrasses devront être accessibles aux personnes handicapées afin d’obtenir un permis d’exploitation pour la saison 2012.

En 2009, de nombreuses terrasses inaccessibles ont été érigées sur les trottoirs de l’avenue du Mont-Royal rendant ainsi impossible pour les personnes handicapées utilisant une aide à la mobilité, tel qu’un fauteuil roulant de circuler. Ces terrasses empêchaient également les personnes ayant des limitations visuelles de circuler puisque le parcours était devenu irrégulier et parsemé d’obstacles. En 2010, l’arrondissement du Plateau Mont-Royal a imposé un dégagement de 1,8 mètres afin de redonner l’accès aux trottoirs à tous les citoyens. Toutefois, l’arrondissement a autorisé l’implantation de terrasses surélevées sans rampe d’accès. C’est alors que le RAPLIQ a dénoncé la situation auprès de l’administration Ferrandez. Pendant plusieurs mois, le Plateau Mont-Royal a manifesté son intention de changer les choses tout en affirmant que l’accessibilité de plusieurs terrasses était techniquement difficile et que leur mise en accessibilité n’était pas une priorité. Au printemps 2011, le RAPLIQ a constaté que certaines terrasses qui étaient accessibles en 2010 étaient devenues inaccessibles. Le RAPLIQ a donc décidé de porter plainte pour discrimination fondée sur le handicap à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en mai 2011.                                                                                          (Photos : Catherine Roy)Citoyens assistant au conseil d'arrondissement du Plateau Mont-Royal

Deux mois plus tard, une entente a été signée à la Commission des droits de la personne entre le RAPLIQ, l’arrondissement du Plateau Mont-Royal et la Société de développement commerciale de l’avenue du Mont-Royal (SDAMR). Cette entente prévoyait la mise en accessibilité des terrasses pour la saison estivale 2012. Seulement trois terrasses sur un total de trente-deux, Bar inc, Barraca et Zyng, ont été exemptées de cette entente avec l’accord du RAPLIQ. Quatre terrasses pour fumeurs ont également été exemptées (Les Cons servent, Lobby Bar Salon inc., Au Diable vert et Bar Waverly). Selon la firme d’architectes embauchée pour réaliser les plans d’aménagement, elles n’auraient pu être accessibles.

Cette victoire du RAPLIQ démontre clairement que l’inaccessibilité architecturale discrimine les personnes handicapées et que tous les moyens appropriés doivent être pris afin de l’éradiquer. Elle fait écho à d’autres victoires similaires dont celle du Conseil des canadiens avec déficiences qui a forcé Via Rail à rendre accessible ses voitures de train Renaissance en 2007.

L’inaccessibilité de divers lieux, tels que notre métro, est souvent justifiée par le contexte historique pendant lequel ces lieux ont été conçus. Combien de fois nous a-t-on dit «À cette époque-là, on ne pensait pas aux personnes handicapées». L’inaccessibilité des terrasses montre clairement qu’encore aujourd’hui, des nouvelles installations inaccessibles sont conçues et socialement acceptées. Le RAPLIQ espère que les autres arrondissements rejoindront les arrondissements du Sud-Ouest et du Plateau Mont-Royal en rendant obligatoire l’accessibilité des terrasses.

Le fait que le RAPLIQ ait dû recourir à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour mettre fin à cette discrimination est également inquiétant. Il démontre l’inefficacité de la législation québécoise en matière d’accessibilité pour les personnes handicapées ainsi qu’une profonde incompréhension de la discrimination fondée sur le handicap de la part des différents acteurs politiques et économiques.

«Nos voisins du sud ont une loi qui rend l’accessibilité obligatoire à de nombreux égards. L’Ontario s’est également dotée d’une loi pour l’accessibilité qui prévoit une province complètement accessible d’ici 2025. Que se passe-t-il au Québec? Les personnes handicapées ne devraient pas avoir à se battre pour chaque obstacle rencontré comme c’est le cas présentement. Le temps des politiques vides est révolu. L’inaccessibilité architecturale est omniprésente et va bien au delà des terrasses du Plateau Mont-Royal. Le Québec doit agir afin de respecter les droits de tous ces citoyens ainsi que ses obligations au niveau international» affirme Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ.

–                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   (Photos : Catherine Roy)

Couverture médiatique sur l’adoption du règlement:Linda en entrevue avec un journaliste de CTV

Journal 24 heures

Journal Métro

CTV Montréal – article et reportage

CBC Radio

CIBL

Journal Le Plateau