Notre réponse face à l’indifférence du Directeur général de élections du Québec

Lettre adressée à M. Jacques Drouin, Directeur général des élections du Québec

Nous avons pris connaissance du commentaire de Mme Brigitte Labbé, conseillère en stratégie de communication et responsable du service aux clientèles particulières, sur notre site Internet. Nous sommes extrêmement déçus de constater qu’il reflète la position du Directeur général des élections du Québec. Nous constatons que vous n’avez pas saisi les injustices qui se déroulent sous nos yeux.

Vous mentionnez d’abord que vous êtes extrêmement désolés que cette situation se soit produite. De quelle situation parlez-vous? Dans notre communiqué de presse, nous mentionnons que nous avons eu connaissance de trois évènements lors du vote par anticipation. Une autre personne résident la circonscription de Marie-Victorin vient de nous contacter puisqu’elle a rencontré des problèmes d’accord dans son bureau de vote par anticipation. Il ne s’agit que des témoignages qui sont venus jusqu’à nous.

Une personne handicapée n’a pas pu accéder à un bureau de vote par anticipation de la circonscription St-Jean en Montérégie pourtant identifié comme étant accessible. Dans la circonscription de Laurier-Dorion, une personne aveugle n’a pas pu voter de façon autonome et confidentielle faute de gabarit. Dans la circonscription La Pinière, une autre personne s’est vue refuser la lecture de la liste des candidats car le scrutateur considérait que ce n’était pas sa responsabilité. Combien de personnes handicapées ont vécu de la discrimination lorsqu’elles ont voulu voter par anticipation tel que vous leur recommandez d’ailleurs de faire? Pouvez-vous sincèrement affirmer être désolés que ”cette situation se soit produite”?

Vous ne semblez pas non plus comprendre que d’autres personnes handicapées seront discriminées lors du jour du scrutin. Vous n’êtes pas sans savoir que plus d’une vingtaine de personnes handicapées et leurs alliés se sont mobilisés hier devant l’école Saint-Émile à Montréal dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve. Un bureau de vote de cette circonscription se trouvera dans cette école le 4 septembre prochain. Selon le site Internet de votre organisation, ce bureau de vote sera accessible aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant. Que prévoyez-vous faire lorsque des personnes handicapées ne pourront accéder au bureau de bureau de vote dû à l’absence d’entrée accessible? Une situation similaire se produira à l’Église Saint-Stanislas-de-Kostka dans l’arrondissement de Mercier à Montréal. L’accès dit accessible est en fait une rampe si abrupte qu’elle met en danger la sécurité des personnes s’y aventurant. La Directrice de scrutin, Mme Denise Contant, a été contactée par Mme Linda Gauthier présidente du RAPLIQ. Le bureau de vote de Mme Gauthier le jour du scrutin est situé dans cette église. Mme Contant a répondu qu’elle ne savait pas si Mme Gauthier pourrait être accommodée sur les lieux du scrutin et que cela dépendrait du primo. Mme Gauthier ne sait pas si elle pourra voter.

De plus, le Regroupement des aveugles et des amblyopes du Montréal métropolitain souligne que  des personnes aveugles et amblyopes risquent fort probablement de ne pas pouvoir voter de façon confidentielle puisque la formation des employés d’élection est nettement déficiente. Des personnes travaillant pour les élections ont affirmé n’avoir jamais entendu du gabarit nécessaire pour plusieurs personnes ayant une limitation visuelle par exemple. Avec tous les moyens technologiques dont nous disposons n’est-il pas possible de contacter tous les bureaux de vote afin de rectifier le tir et de s’assurer que tous les bureaux soient munis de gabarit? Les mesures d’accommodement sont simples. Elles doivent simplement être mises en pratique. Le Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain a

Vous nous demandez de comprendre le contexte dans lequel vous évoluez. Vous affirmez disposer d’un très court laps de temps pour repérer quelques 3000 endroits de vote pour le jour du scrutin. Nous croyons plutôt que vous comprenez mal le contexte dans lequel vous évoluez. Ce contexte est un Québec dans lequel nous avons fait le choix d’interdire la discrimination fondée sur le handicap. Le droit de vote pour les personnes handicapées n’est pas une nouveauté. Le Québec est doté de lois et de chartes défendant les droits des personnes handicapées. La Charte québécoise des droits et libertés interdit la discrimination fondée sur le handicap et le moyen de pallier à un handicap et ce depuis 1978.

Des représentants de quatre organisations de défense des personnes handicapées[1] ont participé à la mobilisation devant l’école Saint-Émile. Les organismes ont alors parlé d’une même voix: la position actuelle du Directeur général des élections du Québec est inacceptable et discrimine les personnes handicapées.

Le Directeur général des élections du Québec doit assumer son leadership et intervenir afin de s’assurer que toutes les personnes handicapées pourront exercer leur droit de vote le 4 septembre prochain, sans quoi des plaintes devront être déposées auprès des instances concernées. Il n’y a aucune raison pouvant justifier le déni du droit de vote à une personne handicapée le 4 septembre prochain.

Nous espérons de nouveau être contactés et informés dans les plus brefs délais compte-tenu de l’urgence de la situation.

Veuillez accepter, Monsieur Drouin, l’expression de nos salutations les plus distinguées.


[1] Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec, Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain, Regroupement des organismes de promotion du Montréal métropolitain