abaSOURDies : les sourd-es n’ont toujours pas accès au cinéma, au Québec !

Communiqué de presse Pour diffusion immédiate
Montréal, le 22 novembre 2012
abaSOURDies : les sourd-es n’ont toujours pas accès au cinéma, au Québec !
Ce jeudi soir aura lieu le lancement d’Image et Nation, un festival de films LGBT. 25 ans d’existence et plusieurs demandes formulées aux organisatrices n’ont pas suffi pour que le festival programme des films
sous-titrés en français. C’est simple, il n’y en a qu’un seul sur les quelques 185 à l’affiche ! Aux grands maux les grands moyens, un collectif est né et ses fondatrices n’ont pas l’intention de se taire de sitôt ! Dès l’ouverture du festival, les abaSOURDies se rassembleront aujourd’hui jeudi devant le Cinéma du parc de 18h15 à 19h afin de sensibiliser le public et (surtout) la direction du festival à la discrimination des personnes sourdes et la nécessité du sous-titrage.
Loin d’être une option, le sous-titrage est nécessaire afin que les droits des personnes sourdes et « mal »- entendantes soient respectés. Un film qui n’est pas sous-titré contrevient à la Charte québécoise des droits et libertés ! De fait, bien que l’article 15 stipule que « Nul ne peut, par discrimination, empêcher autrui d’avoir accès[…] aux lieux publics, tels les[…] théâtres, cinémas[…] et d’y obtenir…les services qui y sont disponibles », les personnes sourdes et « mal »-entendantes (soit 10 % de la population !) n’ont toujours pas un plein accès culturel à la société, car la majorité des films diffusés au Québec par les salles de cinéma et les festivals ne sont pas sous-titrés.
Véro Leduc, étudiante au doctorat en communication et co-organisatrice de la contestation rappelle que, selon l’Association des Sourds du Canada (ASC), l’auditoire potentiel des sous-titres ne se limite pas aux 340,000 personnes Sourdes de ce pays : Il existe 3.15 millions de Canadien-nes malentendant-es qui peuvent également bénéficier du sous-titrage. De plus, il a été prouvé que le sous-titrage améliore la lecture et l’écriture de personnes ayant un bas niveau de compétence en alphabétisation et 6.5 millions de Canadien-nes sont fonctionnellement analphabètes. Le sous-titrage aide également à l’apprentissage d’une nouvelle langue pour les personnes immigrantes. Finalement, le sous-titrage en français permet aux francophones d’avoir accès aux films anglophones et vice et versa. Bref, une adaptation pour un groupe de personnes peut donc bénéficier à d’autres groupes : selon l’ASC, c’est 30% de la population qui bénéficierait du sous-titrage !
«On pense souvent que sous-titrer les films, c’est compliqué » renchérit Marie-Andrée Boivin, chargée de cours au programme Communication et Surdité au Cégep du Vieux Montréal et également coorganisatrice de la contestation. « Or, dit-elle, il existe des exemples de festivals qui sont passés à l’action et qui sous-titrent leurs films. Par exemple, le festival Cinéffable, l’équivalent d’Image+Nation à Paris, sous-titre en français l’entièreté de sa programmation ! » On sait alors que des films LGBT soustitrés, ça existe ! Comment expliquer alors qu’ Image+Nation n’en diffuse qu’un cette année !
« Le retard accusé par le Québec en ce qui a trait au sous-titrage démontre bien que les lois actuelles ne réussissent pas à garantir les droits des personnes handicapées», suggère Laurence Parent, cofondatrice du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), qui déplore d’ailleurs que le Cinéma du Parc, l’un des lieux principaux du festival, soit très difficilement accessible pour les personnes à mobilité réduite. Le RAPLIQ, en collaboration avec les abaSOURDIes, pense porter la cause devant la Commission des droits de la personne.
Ce festival a été ciblé car il présente une offre résolument déraisonnable en termes d’accessibilité. Par exemple, nous avons demandé aux organisatrices de programmer Lesbiana dans sa version intégralement
sous-titrée en français (puisqu’elle est déjà disponible). Or, notre requête est restée lettre morte.
Il est temps que les cinémas et les festivals du Québec garantissent leur accessibilité ! Il est temps que nos revendications soient entendues ! Il est temps que notre société soit à l’image des droits indiqués dans la
Charte québécoise des droits et libertés !
Venez nous rencontrer au Cinéma du Parc à 18h15 ce soir, jeudi 22 novembre 2012 !
Les co-organisatrices d’abaSOURdies
Pour plus d’informations : action.soustitres@gmail.com

Une réponse à «abaSOURDies : les sourd-es n’ont toujours pas accès au cinéma, au Québec !»

  1. Marie-Ève Martin dit :

    Votre message est clair, concis, et convaincant. À ce soir! Bravo!