Funérailles de Nelson Mandala Le « faux » interprète en langue des signes n’est pas un cas isolé.

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Un faux interprète aux funérailles de Nelson Mandala[1] soulève l’ire de la communauté sourde internationale. « C’est un imposteur », a déclaré la directrice de l’organisme du Cap Education et développement du langage des signes, Cara Loening, interrogée par l’AFP. « La communauté des sourds en Afrique du Sud est complètement outragée. »

La nouvelle a fait le tour du globe dans la presse et sur les médias sociaux, mais cette situation inadmissible n’est pas que sud-africaine. La communauté sourde québécoise exige d’ailleurs une réforme des services d’interprétation en langue des signes québécoises (LSQ), une requête qui fait l’objet d’une pétition qui sera déposée en assemblée nationale par Françoise David dès l’ouverture de la session parlementaire de 2014.

La mobilisation prend ancrage dans un évènement similaire à celui de Johannesburg : Lorsqu’elle était ministre la ministre responsable des Aînés, la députée libérale Marguerite Blais avait tenu à rendre ses voeux de joyeuses fêtes 2013 accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. Or, l’Assemblée nationale du Québec lui a fourni un  interprète… incompréhensible. Sous-titrés en français dans une vidéo sur Youtube[2], ce n’est pas tant les propos décousus de l’interprète qui ont insulté la communauté sourde québécoise que le fait que malgré qu’elle constitue 10% à 25% de la population, on ne se soucie guère de leurs droits d’accès à l’information.

Depuis plusieurs années les personnes sourdes et malentendantes peuvent recourir à des services d’interprétation. Cependant, ils sont actuellement insuffisants, notamment à cause des critères limités (offerts pour les services médicaux, juridiques et scolaires seulement) et du manque d’interprètes qualifiés. Par ailleurs, leur qualité laisse à désirer : la formation et le bilinguisme (LSQ-Français) n’étant pas obligatoires afin de pratiquer ce métier. Selon l’Association des Sourds du Canada, seulement 20% de la population sourde a un emploi a temps plein[3] : une situation à laquelle contribue les piètres services d’interprétation et la non reconnaissance de la langue des signes comme langue officielle au Québec.

La date limite pour signer la pétition #4367[4] qui sera déposée en assemblée nationale par Françoise David dès l’ouverture de la session parlementaire de 2014 est le 26 décembre. La communauté sourde espère pouvoir compter sur la solidarité de tout un chacun.

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Personnes ressources

Véro Leduc, Maison des femmes Sourdes de Montréal : veronique.leduc@umontreal.ca<mailto:veronique.leduc@umontreal.ca>

Pamela Witcher, Groupe BWB : witcher@groupebwb.ca<mailto:witcher@groupebwb.ca>

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[1] http://www.rtl.be/info/monde/international/1054113/obseques-de-mandela-l-interprete-en-langage-des-signes-etait-un-imposteur

[2] Vidéo « Décalage interprétation gestuelle/message audio » : http://www.youtube.com/watch?v=TVowqdSbC7w

[3] ASC Exige de l’action pour l’emploi des Sourds : http://www.cad.ca/news_events_fr.php?newsID=148

[4] Pétition : https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-4367/index.html