Lettre au président de la STM: Suspensions de service injustifiées et excessives du transport adapté de la STM en saison hivernale

Bonjour M. Schnobb,

Nous sommes un regroupement de personnes handicapées et d’alliéEs militant contre la discrimination fondée sur le handicap. Nous vous écrivons afin de dénoncer les suspensions injustifiées et excessives du transport adapté de la STM en saison hivernale. Alors que le métro continue de rouler à pleine vitesse et que les chauffeurs d’autobus font leur possible pour conduire dans toutes sortes de conditions, les clients du transport adapté eux se retrouvent souvent sans aucune possibilité de se déplacer.

Chaque année, la division du transport adapté de la STM a pris l’habitude de suspendre les déplacements pour des motifs autres que le travail, les études et les rendez-vous médicaux avant même l’arrivée des systèmes dépressionnaires sur le territoire québécois. Tous les autres déplacements sont considérés comme étant des loisirs.

L’exemple le plus récent s’est produit le 3 janvier dernier. Alors que 15 à 30 cm étaient prévus sur la métropole le dimanche 5 janvier, la STM a cessé de prendre les réservations pour des motifs autres que le travail, les études et les rendez-vous médicaux. Cette suspension de service a affecté directement les déplacements que les gens ont besoin de faire un dimanche comme aller voir des proches, faire des courses avant le retour au boulot, aller dans leur lieu de culte, etc.

Au fur et à mesure que les heures ont passé, le nombre de centimètres de neige annoncé a chuté. Si bien que le 4 janvier, il n’y avait plus aucun avertissement météo. Par contre, les personnes handicapées ne pouvaient pas davantage se déplacer en raison de la suspension de service qui est restée en vigueur. Au bout du compte, Montréal n’a pratiquement reçu aucune précipitation le 5 janvier. La suspension du service s’est avérée tout à fait injustifiée comme le laissaient présager les bulletins météo du 4 janvier.

Nous soutenons que les personnes handicapées sont elles-mêmes en mesure de ménager leurs transports lorsque les conditions météo sont mauvaises. Elles n’ont pas besoin d’être infantilisées. En plus de brimer le droit au transport, la procédure actuelle brime le droit à la vie privée et porte atteinte à la dignité des personnes. De plus, les suspensions ne sont basées sur aucune explication logique.

En voulant faire une réservation lors des suspensions, des membres du RAPLIQ se sont fait répondre que leur travail n’était pas un vrai travail, car il n’était pas rémunéré ou encore, car il s’agissait de travail à temps partiel ou un travail nécessitant des déplacements dans des lieux tels que des salles de spectacles et des cafés. Des membres nous ont aussi rapporté avoir subi un quasi-interrogatoire, car on doutait de la véracité de leur motif de déplacement.

Nous espérons que vous prendrez position sur la situation et que celle-ci sera corrigée le plus tôt possible. Veuillez agréer, Monsieur Schnobb, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

3 réponses à «Lettre au président de la STM: Suspensions de service injustifiées et excessives du transport adapté de la STM en saison hivernale»

  1. Oliv dit :

    Si M Schnobb voulait publier des chiffres, nous saurions de combien devrait être le montant demandé dans le recours collectif qui s’en vient 😉

  2. Cette lettre est forte de témoignages éloquents sur le service de réservation. Clairement on parle ici de culture d’entreprise inacceptable. Les atteintes décrites à la vie privée et à la dignité justifient que copie soit transmise à la Commission des droits de la personne.

    Des solutions simples devraient pourtant exister. Par exemple, appliquer une politique de « premiers arrivés, premiers desservis », comme cela se fait pour bien d’autres services à disponibilité limitée. Quitte à se garder une petite marge pour les trajets d’urgence imprévus.

    Reste que je demeure curieux à propos des chiffres quant au transport lui-même.
    Car mon intuition (à vérifier) est que les sociétés de transport urbains ne réduisent pas les services de surfaces ordinaires durant les tempêtes de neige : au contraire, si elles en ont les ressources, elles chercheraient à augmenter le nombre de véhicules en circulation pour compenser les inévitables ralentissements et l’augmentation de l’achalandage. Les chiffres sur un tel maintien ou augmentation des services ordinaires de surface existent.

    Ce qui nous amène au transport adapté en situation de tempête. Une politique équitable impliquerait qu’on applique une politique similaire de maintien ou d’augmentation des véhicules en service. Quitte à composer avec la limitation des nombres de trajets causée par les inévitables ralentissements.

    Or, votre lettre parle carrément de suspensions de service. Comment cela survient-il concrètement ? Est-ce que les chauffeurs de taxi désertent le service adapté pour faire plus d’argent en facturant au taximètre ? Est-ce que la STM transfert les chauffeurs d’autobus du service adapté au service régulier ? Est-ce qu’on prend prétexte de la tempête pour réduire le service afin d’économiser sur un budget limité ? Il existent certainement des données là-dessus.

  3. Autre idée : vous pourriez porter formellement plainte à la Commission d’accès à l’information du Québec.

    En effet, la loi est très claire :
    « Nul ne peut, au nom d’un organisme public, recueillir un renseignement personnel si cela n’est pas nécessaire à l’exercice des attributions de cet organisme ou à la mise en oeuvre d’un programme dont il a la gestion. »

    « Nécessaire » a ici le sens d’indispensable. Si le service peut être donné sans ce renseignement, alors il n’est pas nécessaire : donc, sa collecte ou production est illégale. Cela même si elle découle d’un règlement. Car, comme pour la Charte des droits et libertés, cette disposition a préséance sur toute autre lois, règlements ou directives.

    L’intérêt d’une plainte à la CAI est que celle-ci va devoir documenter et analyser en détail les processus du service de réservation et sa gestion des dossiers des clients. Elle pourrait aussi comparer ces processus avec ceux, plus respectueux et plus efficaces, d’autres organisations semblables ailleurs dans le monde, si vous en connaissez.