Nous ne sommes pas des AMM!

Nous avons pris connaissance du « Projet-pilote relatif aux aides à la mobilité motorisées » publié dans la Gazette officielle du Québec le 18 décembre 2013. Nous nous opposons à la mise en application du projet-pilote puisque nous considérons qu’il porte atteinte aux droits et libertés de la personne. De plus, le ministère des Transports du Québec n’a pas réussi à prouver la nécessité d’une telle réglementation!

Avec le nouveau projet de règlement, il sera dorénavant interdit aux utilisateurs d’aides à la mobilité motorisées (AMM: fauteuil roulant motorisé, triporteur, quadriporteur) :

de sortir de leur domicile sans être accoutré de réflecteurs, de phares pour certains utilisateurs et d’un fanion orange situé à une distance minimale de 150 cm du sol;

de pousser un enfant dans une poussette ou un chariot d’épicerie;

d’aider une personne en fauteuil manuel à se déplacer;

de se déplacer avec un enfant ou tout autre personne;

d’écouter de la musique avec des écouteurs;

d’avoir une conversation téléphonique ou de texter;

de tenir un téléphone cellulaire dans une main;

de se déplacer sur un chemin sur lequel la vitesse maximale est de plus de 70km/h!

Toute personne qui contreviendrait aux articles du projet de règlement sera passible d’amendes allant de 30 à 60$.

Nous vous invitons à lire notre mémoire en cliquant ici. Ne vous gênez pas pour écrire au Ministre Gaudreault, si vous trouvez comme nous que ce projet-pilote est inacceptable et porte atteinte aux droits et à la dignité des personnes handicapées. Nous avons également préparer un modèle de lettre pour vous faciliter la tâche! Envoyez votre lettre à
ministre@mtq.gouv.qc.ca ainsi qu’une copie à info@rapliq.org



4 réponses à «Nous ne sommes pas des AMM!»

  1. Voici ce que j’ai envoyé au ministère :
    Suite à la lecture du projet loi paru dans la Gazette du 18 décembre 2013, j’aimerais vous faire part de mes commentaires en tant qu’usagère de la route avec une aide à la mobilité motorisée. 25 ans d’expériences sans accident.

    7.4 : Toute aide à la mobilité motorisée doit être munie des signaux d’avertissement suivants : un fanion orange triangulaire d’au moins 300 cm2 et dont l’extrémité la plus élevée, en position verticale, se situe à une distance minimale de 150 cm du sol.
    A) Premièrement, je trouve que d’imposer est discriminatoire. car il faudrait l’imposer à tous les usagers qui ne mesurent pas 150com (vélocyclistes,piétons,etc…) et ce qui nous rend invisible c’est l’inattention des conducteurs automobile et non notre hauteur.
    B) Imposer une couleur et une forme spécifique me semble une ingérence dans notre liberté de choix puisque ces règles n’ont pas réellement d’incidence sur notre visibilité (jaune et rectangulaire serait tout autant visible)
    C) Avoir un drapeau peu créer de la distraction et être déconcentrant, de par ses mouvement et le bruit (claquement) qu’il fait avec l’air et particulièrement en période venteuse.
    D) Il nous empêche de prendre le transport adapté. Pour beaucoup d’usagers , il devra rester en place puisqu’ils sont incapables de l’installer donc ne pourrons plus prendre le transport adapté. Et il ne faudrait pas oublier que lorsque nous utilisons le transport nous circulons également sur les routes car ce n’est pas exclusivement pour aller d’une porte à l’autre.

    8. Toute aide à la mobilité motorisée visée au paragraphe 2 du premier alinéa de l’article 2 doit également,
    la nuit, être munie d’un phare blanc à l’avant et d’un feu rouge à l’arrière.
    A) Peu d’utilisateurs disposent actuellement d’un fauteuil roulant avec un phare blanc en avant, ce qui pose un problème financier à plusieurs, et est d’une complexité d’installation.

    10.1, 450. Lorsqu’il y a une intersection ou un passage pour piétons à proximité, un piéton ne peut traverser un chemin public qu’à l’un de ces endroits.
    A) Il faut tenir compte que très souvent il n’y a pas de descente de trottoir aux traverses à piétons. Donc pour respecter cette loi, elles devront descendre où c’est possible et faire un bout sur la route jusqu’à la traverse puis de l’autre côté refaire le chemin jusqu’à un autre accès du trottoir. Et que pour certaines personnes handicapées de devoir rouler sur l’accotement est trop angoissant.
    10.1. 489. Nul ne peut consommer des boissons alcoolisées
    A) Je suis en accord en cas de facultés affaiblies mais aucunes c’est exagérée compte-tenu qu’il ne peuvent quitter leur véhicule qui remplace leur jambes.

    11. Le conducteur d’une aide à la mobilité motorisée ne peut transporter aucun passager
    A) Il ne faudrait pas oublier qu’il y a des personnes handicapées qui ont des enfants en bas âge. Ce serait les brimer dans leur rôle parental.

    14. Nul ne peut conduire une aide à la mobilité motorisée sur un chemin public sur lequel la vitesse maximale permise est de plus de 50 km/h. Malgré le premier alinéa, le conducteur d’une aide à la mobilité motorisée peut circuler, dans le même sens que la circulation, sur l’accotement d’un chemin public sur lequel la vitesse maximale permise est de plus de 50 km/h mais ne dépasse pas 70 km/h, si aucun trottoir ni aucune voie cyclable ne borde la chaussée.
    A) Il est beaucoup plus dangereux de circuler dans le sens de la circulation qu’en sens contraire. Si nous avons un obstacle à éviter c’est parfois impossible de voir si un véhicule s’en vient.
    B) Il y a beaucoup trop de conducteurs non attentifs qui ne nous voit qu’à la dernière minute et ce n’est pas parce nous ne sommes pas suffisamment visibles.
    C) Mon expérience sur la route en sens inverse m’a permis d’éviter à environ une douzaine de collisions et particulièrement depuis l’avènement des textos.

    En conclusion, je vous inviterais à publier plus largement votre projet de loi et à sensibiliser les autres usagers de la route à notre réalité et également offrir un atelier de formation aux code de la sécurité routière aux personnes utilisant des aides à la mobilité motorisé qui n’ont jamais eu de permis de conduire.

  2. Manon Briere dit :

    Je suis outrée! Complètement discriminatoire. J’aimerais ça voir quelqu’un m’interdire de porter mon enfant dans mes bras parce que je suis en fauteuil roulant électrique!

  3. Max dit :

    Ce qui me derange avec ce règlement et que personne n’a soulevé, je crois, c’est qu’il y a quelques années, ils ont réduits la vitesse des fauteuils motorisés disant que c’était un remplacement a la marche (pas a la course et que ce n’est pas un véhicule). Alors qu’avec ce projet de règlement, ils veulent nous imposer un tas de règlements qui s’adresse aux véhicules routiers… Je croyais qu’étant en fauteuil nous étions considerer comme des pietons et devions suivre les lois et règlements s’adressant a ces derniers… Mais on veut nous imposer les restrictionsdes pietons ET des véhicules. La cerise ur le sundae c’est évidemment le drapeau, je me vois mal me déplacer a l’intérieur de mon domicile, d’un restaurant, d’un bar, d’un cinema (agréable pour les gens derriere d’avoir un drapeau dans face), ca juste pas d’allure.

    • Linda Gauthier dit :

      Désolée pour le délai à vous répondre. Vous avez tout à fait raison et il est très possible que nous poussions plus loin les revendications si jamais ce projet est adopté.