Accessibilité pour les personnes handicapées: Montréal menacée d’un recours collectif

Linda Gauthier en a assez des commerces et autres lieux publics qui sont inaccessibles aux personnes en fauteuil roulant. Elle menace de poursuivre la Ville de Montréal si elle ne resserre pas sa réglementation.

Mme Gauthier s’est dite «estomaquée» en apprenant mercredi que Projet Montréal compte inclure une section sur l’accessibilité universelle dans toutes les décisions prises par le conseil municipal.

«Les élus pensent qu’ils nous font un cadeau en disant qu’ils vont nous prendre en considération. C’est de la poudre aux yeux», a-t-elle lancé.

Linda Gauthier est présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), qui dépose régulièrement des plaintes à la Commission des droits de la personne contre des commerces et des organismes qui ne rendent pas leurs établissements suffisamment accessibles aux personnes handicapées.

«Si ça continue comme ça, on va déposer une plainte contre la Ville de Montréal à la Commission des droits de la personne. On pourrait même lancer un recours collectif», a affirmé Mme Gauthier, qui se déplace en fauteuil roulant depuis qu’elle est atteinte de sclérose en plaques.

Mesures insuffisantes

La Ville de Montréal a adopté une politique sur l’accessibilité universelle en 2011. Le plan d’action adopté par la suite détaille plusieurs actions menées pour encourager l’accessibilité, notamment dans les édifices municipaux. Pour les commerces et autres lieux publics, les mesures sont surtout volontaires.

Ces mesures seraient insuffisantes selon Mme Gauthier, qui aimerait que la Ville oblige les nouvelles constructions et les édifices existants à être universellement accessibles, surtout les commerces.

«C’est bien beau d’avoir des édifices municipaux accessibles, mais je n’achète pas mes pantalons à l’hôtel de ville», a-t-elle souligné.

Loi provinciale

L’organisme Ex Aequo, qui s’est réjoui mardi de la motion qui sera débattue, croit que le débat pourrait dépasser Montréal et qu’une loi provinciale pourrait être nécessaire à moyen terme.

«On pourrait avoir une loi avec plus de dents au Québec, comme ce qui se fait en Ontario, en France et ailleurs. Mais on est moins dans une optique de contrainte en ce moment», a affirmé Benoit Racette, porte-parole d’Ex Aequo.

M. Racette a ajouté que, contrairement au RAPLIQ, son organisme utilise très peu le système judiciaire pour arriver à ses fins.

Projet Montréal ne s’est pas prononcé sur l’idée d’un règlement obligeant les commerçants à être universellement accessibles.

Invitée à répondre à Mme Gauthier, la conseillère municipale Érika Duchesne a simplement rappelé que la motion de son parti vise à ce que «l’accessibilité universelle soit systématiquement prise en compte dans tous les projets de la Ville de Montréal.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, et son équipe n’ont pas souhaité se prononcer sur le sujet avant la prochaine réunion du conseil municipal


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