Transport adapté: prête à se battre pour pouvoir payer avec sa carte Opus

 

 

Source de l’article : ICI – 24 Heures

Journaliste : Marie-Christine Trottier

Linda Gauthier, Présidente du RAPLIQ, tenant sa carte Opus devant chez elle à l'extérieur

La présidente d’un organisme pour le droit des personnes handicapées a fait exprès de se faire arrêter pour ne pas avoir payé son passage en transport adapté (TA). Elle veut se battre devant un juge pour avoir le droit de payer son passage avec des billets individuels sur une carte Opus.

Linda Gauthier, présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion du Québec (RAPLIQ) a été pincée par deux inspecteurs de la STM en juin 2012 parce qu’elle n’avait pas payé son passage dans le transport adapté.

Linda Gauthier a perdu sa cause devant la cour municipale et souhaite aller en appel pour que les clients du transport adapté puissent payer avec des billets individuels sur leurs cartes Opus.

PHOTO MARIE-CHRISTINE TROTTIER

Elle a contesté son amende en cour municipale parce qu’elle revendique un changement des modes de paiement pour ce service, les jugeant discriminatoires. Elle souhaite pouvoir payer avec une carte Opus, comme pour tous les autres types de transport en commun.

Mme Gauthier a récemment été reconnue coupable, mais vient de porter sa cause en appel.

Arguments «pas sérieux»

Dans le jugement, Mme Gauthier s’est défendue en disant qu’elle a présenté des billets valides sur sa carte Opus, méthode de paiement qui n’est pas acceptée par le système de transport adapté. Elle croit qu’elle ne devrait pas «faire les frais de l’incapacité de la STM» de ne pas avoir de bornes de paiement dans les autobus et taxis adaptés.

«Le Tribunal est en désaccord avec cet argument. Celui-ci n’est pas sérieux et de plus, il dénature les faits ayant conduit à l’émission du constat d’infraction», lit-on à ce propos dans le jugement.

Il indique aussi que Mme Gauthier était au courant que les billets unitaires sur carte Opus ne sont pas acceptés dans le transport adapté et que le chauffeur n’aurait jamais accepté ce mode de paiement.

Trop cher à équiper

Les clients du transport adapté ne peuvent pas payer avec des billets individuels sur leurs cartes Opus puisqu’il n’y a pas de lecteurs de carte dans les différents véhicules offrant le TA. Ils peuvent toutefois payer leurs passages «sur l’honneur» s’ils détiennent un titre mensuel ou hebdomadaire sur leur carte Opus.

La STM s’est défendue en cour municipale en indiquant, notamment, que la technologie nécessaire pour équiper les véhicules de l’industrie du taxi, qui fournissent 88% des déplacements adaptés, n’existe pas ou serait trop chère à implanter.

En 2013, 60 % de la clientèle utilisant le TA a payé comptant, 39 % a payé par carte Opus et environ 1 % a payé avec des billets papiers.

Action planifiée

Selon Mme Gauthier, toute cette histoire était planifiée par certains membres du RAPLIQ afin de faire changer les modes de paiement du TA.

«Ça faisait un an qu’on faisait des tentatives pour se faire prendre. Je ne suis pas une voleuse, c’était une façon de dénoncer une pratique discriminatoire et d’en faire bénéficier toute la communauté», affirme-t-elle.

À date, l’organisme aurait dépensé environ 3500$ en honoraires d’avocat pour porter cette cause.