Archive pour le mot-clé «montréal»

La rage au coeur

Par Laurence Parent

Ce texte fait partie du Collectif du RAPLIQ dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées.

Août 2002. Je viens d’avoir 17 ans. J’arrive à Montréal de ma campagne natale. Je sors de mon nouveau chez moi pour aller rejoindre mon meilleur ami au métro Mont-Royal. Le soleil éblouit la ville et ma tête. Je suis finalement à Montréal. Ma deuxième vie peut enfin commencer. Les manifs au Cégep du Vieux, les partys, les expos d’art, les shows, les sorties improvisées, les parcs et toutes les autres choses. C’est à ça que je rêve.

Ma mère et ma tante sont avec moi. Nous « marchons » jusqu’à St-Denis. Apparemment qu’il y a un bus qui pourra m’amener au métro Mont-Royal. Le métro à côté de chez moi n’est pas accessible. C’est correct. Je ferme les yeux. Manifs, un autre monde est possible, partys, nouveaux amis, expos d’arts et shows, je serai cool, sorties improvisées, ça commence aujourd’hui, parcs, nous serons délinquants et nous resterons au parc Lafontaine après 23 h, toutes les autres choses, je vous laisse les imaginer.

Nous arrivons à l’arrêt d’autobus après une petite éternité. La marche a été longue. L’autobus finit par arriver. Porte avant ou arrière? Le chauffeur est pris au dépourvu. On ne lui avait pas dit que je venais d’arriver à Montréal. On dirait qu’il aurait fallu que je prévienne la STM de mon existence. C’est compliqué. La rampe finit par sortir. C’est correct. J’ai les yeux grands ouverts et je vois les manifs, les partys, les nouveaux amis.
J’arrive au métro Mont-Royal. Mon ami m’attend depuis une heure. Je sais que le trajet m’aurait pris 20 minutes en métro. C’est correct. Je ne suis même pas frustrée. (suite…)

Accessibilité des terrasses montréalaises – Les personnes handicapées devront attendre

Le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) déplore la décision de la Ville de Montréal de donner un délai de cinq ans aux commerçants pour rendre accessibles leurs terrasses à tous sans discrimination fondée sur le handicap.  La décision de la Ville de Montréal fait abstraction des gains récents obtenus par les personnes handicapées ainsi que de leurs revendications.  De plus, cette décision ne permet pas de garantir la sécurité des personnes handicapées. Le fait que plusieurs terrasses se trouvent un peu partout sur les trottoirs met en péril la sécurité des personnes ayant un handicap visuel et les personnes handicapées se déplaçant avec une aide à la mobilité. Dans certains arrondissements, les personnes sont forcées d’utiliser la rue car le trottoir est bloqué par des terrasses. Les personnes ayant un handicap visuel perdent pour leur part leurs points de repère et doivent naviguer dans un environnement irrégulier parsemé d’obstacles.

Des solutions qui existent déjà

  • Plateau Mont-Royal : En juillet 2011, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a déterminé que l’inaccessibilité architecturale des terrasses dans l’arrondissement Plateau-Mont-Royal discriminait les personnes handicapées puisque plusieurs d’entre elles ne pouvaient y accéder. Les articles 10 et 15 de la Charte québécoise des droits et libertés interdisent la discrimination fondée sur le handicap ce qui comprend d’empêcher, par le biais d’obstacles architecturaux, une personne handicapée d’avoir accès, entre autres, à des restaurants. Une entente a été signée entre l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, la Société de développement commerciale de l’avenue du Mont-Royal (SDAMR) et le RAPLIQ. Cette entente, qui a satisfait les trois parties, prévoyait la mise en accessibilité des terrasses pour la saison estivale 2012. Sept terrasses, dont quatre pour fumeurs, ont été exemptées dû à des impossibilités techniques identifiées par une firme d’architecture spécialisée en accessibilité universelle. Un dégagement de 1,8 mètre est prévu afin de garantir la libre circulation de toutes les personnes sur les trottoirs. Les commerçants devant rendre leur terrasse accessible ont bénéficié d’une réduction de 20% du coût pour l’obtention du permis.
  • Rosemont-Petite-Patrie : En mars 2012, le maire de l’arrondissement Rosemont-Petite-Patrie, M. François W. Croteau, a annoncé que toutes les terrasses de l’arrondissement seraient accessibles aux personnes handicapées cette année.
  • Hochelaga-Maisonneuve : Le 5 avril dernier, le RAPLIQ a été consulté par l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à propos de leur règlementation qui entrera en vigueur au cours des prochaines semaines. Dans ce règlement, l’accessibilité universelle est un critère obligatoire pour l’obtention d’un permis d’exploitation de terrasse.
  • Sud-Ouest : Dès 2010, cet arrondissement a également adopté des mesures pour garantir l’accès aux terrasses aux personnes utilisant une aide à la mobilité.
  • Verdun : La situation est similaire aux mesures prises dans le Sud-Ouest. (suite…)

Séance d’information du RAPLIQ sur la campagne de plaintes pour discrimination fondée sur le handicap contre la Société de transport de Montréal

Le 8 décembre dernier, onze personnes handicapées ont déposé des plaintes pour discrimination à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) contre la Société de transport de Montréal (STM). Ces personnes rencontrent des obstacles majeurs les empêchant d’utiliser le métro et les autobus. De plus, le service de transport adapté n’offre pas un service égal au transport dit régulier (métro et autobus). Leurs droits et libertés sont ainsi brimés. Le RAPLIQ et le Centre de recherche-action sur les relations raciales  (CRARR) représentent les plaignants. Le dépôt de ces onze plaintes est une première dans l’histoire de l’accessibilité des transports en commun au Québec. Depuis le 8 décembre, de nombreuses personnes nous ont contactés et des plaintes additionnelles ont été déposées à la CDPDJ.
Puisque plusieurs personnes ont manifesté leur intérêt à déposer une plainte, nous avons décidé de tenir une séance d’information le 30 janvier prochain de 19 h 00 à 21 h 30 au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. L’objectif de la séance d’information est de vous expliquer la façon dont vous pouvez vous joindre à la campagne de plaintes et de répondre à vos questions.  Nous ferons également un bref survol de l’histoire de l’inaccessibilité du transport en commun à Montréal. De plus, nous voyagerons virtuellement dans d’autres grandes métropoles pour constater que Montréal fait piètre figure en matière d’accessibilité du transport en commun.
L’inaccessibilité du transport en commun à Montréal ne brime pas seulement les droits des personnes handicapées ne pouvant pas utiliser des escaliers. Par exemple, les personnes handicapées ayant des limitations visuelles vivent également de la discrimination fondée sur le handicap dans les services de la STM. Un représentant du Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM) sera également présent pour parler de ces obstacles.
La Charte québécoise des droits et libertés interdit clairement la discrimination fondée sur le handicap. Le temps est venu de nous en servir!  
Nous vous prions de bien vouloir confirmer votre présence si vous le pouvez par courriel à info@rapliq.org ou par téléphone au 514-656-1664
Merci!

Quand : 30 janvier 2011 de 19 h 00 à 21 h 30
Où : Salle 147 du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau
2295 Laurier Est, Montréal

Réclamant 20 000$ chacun, des usagers handicapés par le système de transport en commun poursuivent la STM pour discrimination systémique devant la Commission des droits de la personne

Las d’attendre des adaptations leur permettant d’être des citoyens à part entière et des usagers du transport en commun dignes et égaux, des personnes handicapées déposeront demain des plaintes de discrimination contre la Société de transport de Montréal. Le plan de transport adopté en 2008 prévoyait la mise en accessibilité de trois stations par année. Depuis ce temps, seulement quatre stations sont devenues accessibles. La STM prévoit rendre accessible quatre stations d’ici 2016, ce qui représente moins d’une station par année.

Assistées par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), ces personnes, membres du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), réclameront 20 000 $ de dommages et un plan d’accès  ambitieux pour éliminer les obstacles brimant leur droit au transport en commun et réclament un échéancier de mise en accessibilité des services de transport en commun permettant de rattraper le recul accumulé par rapport à Toronto, qui aura un réseau de métro complètement accessible d’ici 2025. De plus, les plaignants réclament des services de transport adapté respectant les droits et libertés des usagers. Le RAPLIQ encourage tous les usagers de transport en commun à Montréal à recourir à ce type d’action juridique afin de faire valoir leur droit à l’égalité, à la dignité et à la liberté, à l’instar des poursuites semblables qui ont eu lieu dans plusieurs villes américaines telles Boston, New York, Chicago et Los Angeles.

Ces plaintes de discrimination systémique constituent une « première » au Québec.

Les plaignants tiendront un point de presse, au bureau de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, demain :

Jeudi, 8 décembre 2011, à 11 h 00

360 rue Saint-Jacques, 2e étage

Montréal, Québec (métro Square-Victoria)

Journée internationale des personnes handicapées – Le RAPLIQ invite les personnes handicapées à recourir à la Commission des droits de la personne pour faire reconnaître leurs droits

(Communiqué disponible en format WORD)

Dans un contexte de compressions budgétaires, les droits des personnes handicapées sont en péril. Les effets de ces coupures se font de plus en plus sentir. Pourtant, le Québec a déclaré son intention de respecter la Convention internationale des droits des personnes handicapées. Le gouvernement québécois est également tenu de ne pas discriminer les personnes handicapées en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne, et ce, depuis 1978.

En ce 3 décembre 2011, le RAPLIQ souhaite souligner l’engagement, le courage et la passion de citoyens qui ont milité contre la discrimination fondée sur le handicap au courant de la dernière année que ce soit au sein d’organismes de défense des droits ou encore à titre individuel. Nous avons une pensée particulière pour toutes ces personnes qui nous ont contacté et ont osé dénoncer des actes discriminatoires qui sont malheureusement bien souvent des situations vécues au quotidien par des milliers de personnes handicapées au Québec. (suite…)

L’exclusion n’est pas un projet pour Montréal

La semaine dernière, nous avons appris que le comité Rosemont-La Petite-Patrie de Projet Montréal organisait une conférence animée par M. Richard Bergeron, portant sur l’élaboration du nouveau plan d’urbanisme. Plusieurs d’entre nous ont répondu positivement à l’invitation  »Facebook » jusqu’à ce que nous réalisions que la conférence aurait lieu dans un endroit inaccessible!

Les 11 et 12 septembre derniers, des membres de Projet Montréal ont participé aux Journées de l’Accessibilité. Ces journées ont été pour nous très énergisantes et stimulantes. Le 23 septembre dernier, M. Bergeron, chef de Projet Montréal, a fait une allocution lors du lancement du projet sur la marginalisation des femmes handicapées de Femmes et villes international. (suite…)